La Technique Alexander
Frederick Matthias Alexander
Frederick Matthias Alexander (1869–1955) était un acteur australien qui souffrait de troubles respiratoires et vocaux. La médecine n’ayant pas pu faire disparaître ses symptômes, il entreprit de s’observer soigneusement, et ceci sur plusieurs années. Ce qu’il a constaté sur ses propres réactions inconscientes et habituelles l’a mené à l’élaboration d’une série de principes qui forment les fondements de sa Technique.
Pendant dix ans, F.M Alexander a enseigné sa Technique à Melbourne, assisté plus tard par son jeune frère Albert R. Alexander et sa sœur Amy. En 1904, il décide de partir s’installer à Londres, muni de lettres de référence des meilleurs médecins de Sydney et de Melbourne. Sa réputation est rapidement établie dans les milieux médicaux, intellectuels, mais aussi celui des acteurs et même de la classe politique. Il a formé au sein d’une École, à Londres, les tout premiers enseignants de sa technique de 1931 à sa mort, en 1955. Durant la guerre, FM Alexander part aux États-Unis où il a enseigné entre 1941 et 1943 avec son frère, dans le Massachusetts. Depuis 1955, la Technique s’est implantée dans le monde entier, avec des écoles de formation d’enseignants en Europe (Londres, Paris, Berlin, Milan…), aux Etats-Unis, en Amérique du sud (Montevideo, Buenos-Aires…) en Asie (Tokyo…), Australie (Canberra…)..
F.M Alexander a écrit quatre livres dans lesquels il a exposé ses découvertes et ses principes, dont “L’usage de soi” est édité en Français.
Les grands Principes de la Technique
La Technique Alexander est une compétence qui s’enseigne et qui s’acquiert avec le temps, et en aucun cas une thérapie. L’objectif de votre professeur est de vous aider à changer et devenir de plus en plus autonome dans l’amélioration de la façon de vous utiliser, pour acquérir plus d’aisance, cultiver votre santé et une meilleure relation à votre environnement.
Peu importe votre âge ou vos capacités : la Technique Alexander peut vous aider à augmenter vos performances, à soulager la douleur ainsi que le stress engendrés par les habitudes posturales.
Au cœur des principes de Frederick Matthias Alexander, certains faits sont primaires :
- Nos habitudes acquises ont une force immense, un fait qu’il faut reconnaître pour les surmonter.
- Notre perception ou sensation de nos propres actes, mouvements et efforts (notre proprioception) n’est pas fiable : ce que nous faisons n’est pas exactement ce que nous avions l’intention de faire. Si nous voulons nous améliorer (progresser ?), nous avons besoin d’autres repères..
- Au cours des millénaires, l’évolution de l’environnement social et naturel de l’être humain et des ses activités a été beaucoup plus rapide que l’évolution de nos aptitudes corporelles et de nos comportements instinctifs. Nos comportements instinctifs sont donc, contrairement à ceux des animaux, devenus insuffisants pour bien guider la façon dont nous nous utilisons dans nos activités quotidiennes.
- La relation entre la tête et la colonne vertébrale exerce une influence fondamentale sur le fonctionnement des autres relations dans le corps. Un cou bloqué, c’est tout un corps sous tension.
- Nous possédons toutes et tous la capacité d’identifier et rejeter nos réactions automatisées et inconscientes face à un “stimulus” extérieur. Alexander appelle cette capacité fondamentale “l’inhibition”, une compétence qui peut être enseignée et acquise pour entreprendre le changement recherché .
- Nous possédons aussi toutes et tous la capacité de guider par la pensée nos mouvements et retrouver ainsi une coordination naturelle et innée que nous avions enfants et que nous avons perdue au fil des ans. Cette compétence consiste à penser ce que Alexander appelle les “directions” dans tout notre corps.
Citations & témoignages
“Après quelques mois, j’ai découvert que lorsque je récitais, je ne pouvais pas directement empêcher l’aspiration du souffle ou la dépression du larynx, mais que je pouvais dans une certaine mesure empêcher la traction vers l’arrière de la tête. Cela m’a conduit à une découverte qui s’est avérée être d’une grande importance, à savoir que lorsque j’ai réussi à empêcher le recul de la tête, ce qui tendait indirectement à prévenir l’aspiration du souffle et la dépression du larynx. L’importance de cette découverte ne peut être surestimée, car à travers elle, j’ai été conduit à la découverte ultérieure du primaire contrôle primaire du fonctionnement de tous les mécanismes de l’organisme humain, et cela marqua la première étape importante de mon enquête.”
M. Alexander, ”L’usage de soi”
“La technique de M. Alexander est par rapport à l’éducation ce qu’est l’éducation elle-même par rapport à toutes les autres activités humaines.”
John Dewey, philosophe américain, dans une introduction à ”L’usage de Soi”
“La technique Alexander nous offre tout ce que nous recherchions dans un système d’éducation physique : un soulagement des tensions dues à une inadaptation et une amélioration constante de la santé physique et mentale.”
Aldous Huxley
“Alexander a établi non seulement les débuts d’une science de grande envergure des mouvements apparemment involontaires que nous appelons réflexes, mais aussi une technique de correction et de maîtrise de soi qui constitue un ajout substantiel à nos ressources très minces en matière d’éducation personnelle.”
George Bernard Shaw, dramaturge et élève de F. M. Alexander.